MES, un coup d'état dans 17 pays
Rudo de Ruijter
8 octobre 2011
Note préliminaire: Ne confondez pas le MES avec les
fonds de secours actuels MESF et FESF.
Comme mentionné dans l'article précédent sur ce même sujet "MES,
le nouveau dictateur européen", les Ministres des Finances des 17
pays de l'euro ont signé un traité pour
l'établissement du Mécanisme Européen de Stabilité (MES). Le but est de faire
payer les citoyens pour les centaines de milliards d'euros dépensés pour les "actions de
secours" pour sauver l'euro et de tenir les parlements dans une prise
d'étranglement.
Bruxelles ne veut apparemment pas que vous preniez
connaissance du contenu de ce traité. Jusqu'au jour de la rédaction de cet
article, je n'ai pu trouver qu'un seul exemplaire en anglais sur l'internet.
(96,5% de la population de la zone euro parlent d'autres langues!)

(La photo n'est pas pour
usage commercial)
Curieusement aussi, la signature de ce nouveau traité
européen n'a pas été remarquée du tout par la presse internationale, bien que
des dizaines de journalistes étaient présents à la conférence de presse
l'annonçant. (Voir photo ci-dessus.) Peut-être est-ce par ce que Juncker
l'annonça brièvement en français, avant de poursuivre la conférence en anglais?
D'ailleurs, beaucoup de journalistes confondent encore ce
nouveau traité MES avec ses prédécesseurs (illégaux), le Mécanisme Européen de
Stabilité Financière (MESF) et la Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF).
Ils sont plus connus sous leurs noms anglais European Financial Stabilisation
Mechanism (EFSM) et le European Financial Stability Facility (EFSF). La FESF /
EFSF a une capacité de prêt de 440 milliards. (1.000 milliards depuis le
27 oct 2011, ça fait 3.300 euros par euro-citoyen!) Le MES est sans limite.
Quelques parlementaires qui ont entendu parler du MES
croient faussement qu'ils y gardent le pouvoir via leur Ministre de Finances.
Cependant, comme ce dernier sera promu Gouverneur du MES, il n'aura plus de
comptes à rendre au parlement national (ni à qui que ce soit d'autre) pour les
décisions qu'il prend dans le cadre du MES. Si le Parlement ratifie le traité,
c'est ce traité international qui devient prioritaire aux législations
nationales.
Au moment d'écrire, le traité doit encore être
ratifié par les Parlements nationaux dans tous les 17 pays, à moins que ceci
aussi ait été fait silencieusement déjà ici et là. (Note
janvier 2012: Entretemps le text va être modifié pour hâter sa mise en vigueur,
qui sera prévue pour juillet 2012. La ratification du nouveau texte sera
probablement pour février/mars 2012.)
Pour une brève présentation du traité du MES, voyez la vidéo de moins de 4
minutes sur YouTube:
http://www.youtube.com/watch?v=rFTbIGahzhU
MES, un coup d'état dans 17 pays
Si par coup d'état nous entendons la prise du pouvoir réel et la
limitation du pouvoir du Parlement national démocratiquement élu, alors le traité du MES
est un coup d'état dans 17 pays simultanément.
C'est entièrement en accord avec la philosophie de la Commission
Européenne, qui, selon son Président Barroso, doit être le gouvernement
économique de l'Union, qui doit définir les actions que les gouvernements
nationaux doivent exécuter. (28.09.11) [1]
Le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) n'est pas tant un mécanisme, qu'un
nouvelle administration de l'Union Européenne (UE). Le but déclaré est de
fournir des prêts (sous conditions strictes) à des pays de l'euro qui ne peuvent
plus remplir leurs obligations financières. Il reprendra les tâches des FESF
et MESF mentionnés plus hauts et sera géré par un Conseil de Gouverneurs. Ce
seront les 17 Ministres des Finances des pays de l'euro situés dans l'Union
Européenne.
Le traité du MES dit, dans son article 8, que cet organe disposera d'un
capital social de 700 milliards d'euros. Ensuite, dans son article 10, il est
précisé
que le Conseil des Gouverneurs peut décider de changer ce montant et d'adapter
article 8 en conséquence. Dans l'article 9 il est dit, que le Conseil des
Gouverneurs
peut exiger à tout moment le versement du capital social non encore payé (et ceci en moins de 7 jours.) En fait,
il est dit que le MES peut
exiger de l'argent des pays membres de façon illimitée. Le traité ne prévoit pas
de droit de veto pour les Parlements nationaux.
Unanime
Selon l'article 5.6 le Conseil des Gouverneurs doit prendre les décisions
ci-dessus à l'unanimité. Le Conseil entier doit donc voter "pour".
A première vue il est très étrange, que le fonctionnement du traité dépende
entièrement de l'unanimité des 17 Ministres des Finances de la zone euro. Quand
on voit combien de peine leur coûte en ce moment la conclusion d'un accord sur
la délivrance de prêts déjà promis à la Grèce, on ne s'attendrait pas à ce que
l'Union Européenne bâtisse un traité, qui part justement du principe, que cette
unanimité existe ou peut être atteinte.
La zone euro consiste en une réflexion bariolée de la diversité de l'Europe:
les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne et la France et puis
l'Irlande, le Portugal, l'Espagne, l'Italie, la Malte, la Grèce, la Slovaquie,
la Slovénie et finalement l'Estonie et la Finlande. En fait, les 17 Ministres forment également une compagnie bariolée. Chacun d'eux représente un pays avec des
intérêts différents. Et d'eux, on attend l'unanimité? Comment est-ce possible?
Pour comprendre cela nous devons regarder un peu plus loin. Dans le MES ce
sont bien les 17 Ministres des Finances qui votent sur toutes les décisions
importantes, mais il y a encore d'autres gens qui sont présents dans toutes
leurs réunions, officiellement en tant qu' "observateurs". Pourquoi ces
ministres ont-ils besoin d'observateurs? Pour vérifier qu'ils font bien ce qu'on
attend d'eux?
Ces observateurs sont au nombre de trois:
- Le membre de la Commission Européenne qui est en charge des affaires
économiques et monétaires,
- le Président du Groupe Euro (un club informel de ces 17
Ministres des Finances)
- et le Président de la Banque Centrale Européenne! [2]
Donc, si nous ne pouvons pas nous attendre à une unanimité spontanée des 17
Ministres des Finances, ça doit être l'influence exercée par ces observateurs qui
arrive à les mettre d'accord. Pour comprendre quelle influence la Commission Européenne et la
Banque Centrale Européenne peuvent exercer sur nos ministres, regardons les
choses d'un peu plus près.
Qui sont Ministres des Finances?
Eh bien, en général ce sont des gens qui vont et viennent. Le plus souvent
ils sont nommés après les élections parlementaires, qui débouchent d'abord sur
les tractations pour former une coalition majoritaire aux dépens des promesses
électorales et qui sont suivies par les tiraillements pour le remplissage des
portefeuilles importants, comme le Ministère de l'Intérieur, de l'Économie et
des
Finances.
Le plus souvent ce sont des personnes qui ambitionnent une carrière politique
et qui ont été poussées en avant par des partis politiques. Dans le cas
favorable, elles disposent des capacités de mener un ministère. Une telle personne
peut avoir la direction de la Défense et puis, une autre fois, être nommée Ministre
d'Éducation ou d'Affaires Sociales. La connaissance du sujet est généralement
estimée moins importante que les capacités dirigeantes.
L'économie ce n'est pas les Finances
Ainsi nous avons aux Pays-Bas un Ministre de Finances, Jan Kees de Jager, qui
est bardé de diplômes d'économie, mais qui, initialement, ne donnait que peu
l'impression de comprendre quelque chose en finances. Une de ses premières idées
était de proposer une loi, qui devait interdire d'inciter les gens à retirer
leur argent de la banque. Jan Kees, les banques n'ont pas d'argent! Pour chaque
euro que les clients d'une banque comme ING (la plus grosse banque néerlandaise)
ont dans leurs comptes, la banque n'a que 3 centimes à disposition. Personne n'irait faire la queue
pour ça, non? Et puis, tant que la banque centrale ne veut pas qu'une banque
tombe, cette dernière peut aisément résister à un "run on the bank" avec de
l'argent emprunté.
Les Ministres des Finances fraîchement nommés sont généralement fous de joie
d'avoir réussi à arriver si loin dans leur carrière. Cependant, ils arrivent
dans un monde qu'ils ne connaissent que peu ou pas. C'est le petit monde
influent des institutions financières internationales et des nombres avec des
zéros à l'infini. Un moment d'inattention suffit pour se tromper de dizaines de
milliards d'euros. (Premier Ministre Néerlandais Rutte et Jan Kees de Jager se trompaient
de 50 milliards d'euros dans le cadre de fonds de secours européens [3]
) Ces ministres nouveaux arrivants sont des proies faciles pour les conseillers
de la BCE et du FMI, qui viennent expliquer comment ça fonctionne et ce qu'on
attend d'un bon Ministre de Finances.

Pour autant que ces Ministres des Finances ont des connaissances de base en
économie, ils pourraient savoir que l'expérience euro est voué à l'échec.
C'était déjà connu en 1970 au départ du projet, mais des banquiers et des
politiciens têtus ont poussé la monnaie unique malgré tout. Le problème, c'est
qu'une monnaie unique ne peut fonctionner que dans un territoire économique
homogène. [4] [5] [6]
Voici pourquoi.
Le harnais du cours de change fixe
Lorsque des consommateurs, dans des pays avec des
possibilités de productivité plus réduites, préfèrent acheter des produits
importés moins chers et meilleurs, la dette extérieure augmentera. En même
temps la productivité à l'intérieur du pays diminuera. Si le pays dispose alors
de sa propre monnaie, il peut la dévaluer. Cela rend les produits d'importation
plus chers pour sa
propre population et les produits d'exportation moins chers pour les acheteurs
étrangers. La dette diminuera et la productivité augmentera. Les dévaluations
étaient courantes avant le début de l'euro. Maintenant, avec l'euro, ça fonctionne comme un cours de
change bloqué. Les pays moins productifs sont attrapés comme des rats dans un
piège. Ils ne pourront jamais sortir des dettes. C'est pour cela que le chemin
qu'on emprunte pour charger ces pays avec des dettes encore plus élevées est un
choix étrange et malveillant.
Vive le marché unique des capitaux
Nous ne devons pas oublier que ces pays n'avaient pas de grands problèmes
insurmontables au moment d'entrer dans la zone euro. Sinon ils n'auraient pas
été admis. De fait, les problèmes ont commencé avec leur adhésion à
l'euro. C'est que simultanément, la libre circulation des capitaux devenait un fait aussi. Des banques
des pays de l'euro existants affluaient massivement pour fournir des prêts bon
marché au nouveaux citoyens de l'euro. Et puisque, avec un même capital, les
banques sont autorisées à fournir deux fois plus d'hypothèques que des prêts
pour d'autres usages, c'étaient surtout des logements qui furent financés. Les
banquiers oublièrent cependant, que les gens n'ont pas besoin uniquement d'un espace
pour habiter, mais aussi de revenus pour rembourser leurs emprunts. Ils auraient
dû financer suffisamment d'activités économiques aussi. Ce ne fut pas le cas.
Ainsi une première vague de nouveaux citoyens de l'euro se retrouvaient dans des
dettes dont ils ne pourront plus se sortir. Le marché immobilier s'effondra.
Les entrepreneurs et leurs fournisseurs firent faillite, laissant derrière
eux un paysage désolant de quartiers d'habitation vides et non finis.
Les règles problématiques de l'euro
Ensuite, il faut savoir que les "pays à problèmes" étaient désignés ainsi
exclusivement du fait qu'ils ne répondaient plus aux exigences posées pour la
zone euro, c'est à dire un déficit budgétaire de 3% du PIB au maximum et une
dette d'État de 60% du BIP au maximum. [7]
Normalement cela ne pose aucun problème pour un pays quand la dette est le
double; lorsque, par exemple, elles sont contrebalancées par des possessions, comme
c'est le cas pour la Grèce. Et un déficit budgétaire de plus de 3% ne doit pas être un
problème pour un pays non plus. En fait, le seul problème, c'était que les
limites posées pour la zone euro se sont avérées irréalistes. Presqu'aucun des
pays membres ne s'y tenaient. On pourrait donc dire, que ceux qui ont établi ces
limites étaient de gros bêtas et que les ministres qui promettaient de s'y tenir
également. C'est en tout cas un moyen simple pour provoquer une crise.
Mouton noir
Parce que quasiment tous les pays avaient dépassé les
limites fixées, il était utile de dévier l'attention et de pointer du doigt
l'élève le plus désobéissant. Pour la Grèce il montèrent même toute une campagne
de diffamation, à laquelle participèrent également des politiciens menteurs néerlandais.
La Grèce aurait caché sa dette
[8], les Grecques étaient des fainéants et
partaient à la retraite tôt etc. [9]
Rapidement la Grèce fut attaquée de toute part et dut payer des intérêts de
plus en plus élevés pour ses emprunts. Heureusement ses copains de classe de
l'euro voulaient bien aider. Jan Kees promit même que nous y gagnerions.
L'argent est pouvoir
Lorsqu'on a fini par manoeuvrer sa victime dans les problèmes - encore une
fois, la Grèce n'avait pas de problème insurmontable lorsqu'elle accédait à la
zone euro en 2001 - alors, on peut appliquer la politique de la carotte et du
bâton: nous te fournirons des prêts, mais à condition que... Le FMI a un demi-siècle d'expérience avec ce type d'abus de pouvoir.
Il a appliqué cette politique
délibérément dans beaucoup de pays en développement. D'abord le pays est
surchargé de prêts, de façon à ce qu'il ne puisse même plus payer les intérêts.
Ces
prêts sont accordés pour des projets définis. Ceux-ci sont généralement exécutés
par des entreprises étrangères. Ce sont elles qui touchent l'argent des prêts. Le
pays reste avec les dettes. Ensuite on vend tout ce que le pays a de valeur a
des investisseurs étrangers. Et bien entendu, le gouvernement doit couper les
dépenses jusqu'à l'os et la population doit saigner, pour qu'on comprenne que le
FMI est le maître.
Saisi du pouvoir de la Commission Européenne.
Bien que l'article 122.2 du Traité sur le Fonctionnement de l'Union
Européenne (TFUE) [10] permet au Conseil Européen
de fournir de l'aide financière à des membres en détresse (sur proposition de la
Commission Européenne), les loups de la Commission européenne ne pouvaient
résister la tentation d'ériger leur propre FMI, ou plus précisément, un frère
européen, qui collaborerait étroitement avec le FMI.
Ils l'ont érigé promptement en mai et juin 2010, le MEFS et le FESF. Ils ont
un caractère provisoire et une base légale défaillante. La capacité de prêt du FESF a récemment été augmentée jusqu'à 440 milliards. (Cela représente 1320 euro par
citoyen euro.)
Le successeur est le MES. Signé le 11 juillet 2011, il attend
ratification par les Parlements nationaux entre maintenant et le 31 décembre
2011. Le MES aura un caractère permanent et le pouvoir d'exiger des sommes
illimitées des Caisses d'État et de les prêter aux risques et aux frais des citoyens
de l'euro. Ils commencent avec un capital social de 700 milliards (2100 euro par
citoyen euro), mais parlent déjà de montants de 1500 à 2000 milliards, dont ils
pensent avoir besoin...
L'amendement à l'article 136
Le MES est basé sur un amendement de l'article 136 du TFUE du 23 mars 2011
[11], qui, en fait, constitue un accroissement du pouvoir
de l'Union Européenne. Et parce que cet amendement est basé sur l'article 48.6
du Traité de l'Union Européenne (TUE), cela est illégal.
[12] Mais à Bruxelles ils s'en foutent et même les
Parlements nationaux trouvent les règles démocratiques pas suffisamment
importantes pour refuser cette construction illégale. En effet, la conséquence serait, que la population devrait d'abord
se prononcer sur cette extension du pouvoir de Bruxelles. Et ce peuple débile
voterait certainement contre.
Le MES aura le pouvoir de vider les Caisses des États sans que les Parlements
puissent s'y opposer. En outre, cet amendement - strictement selon le texte -
rend possible tout un tas d'autres institutions anti-démocratiques, qui, sous
prétexte de combattre l'instabilité de la zone euro, pourront limiter les effets
de législation nationale et les droits des citoyens.
Shock and awe
Créer
une crise et saisir le pouvoir. C'est au moment où le pays est totalement désorganisé,
que l'on peut ordonner les affaires à sa guise. C'est un scénario violent que les
défenseurs de l'économie du marché libre ont appliqué depuis des décennies dans
beaucoup de pays, comme l'Angleterre, la Pologne, la Chine, l'Afrique du Sud, la
Russie et les États-Unis. J'en réfère à un des livres les plus éclaircissants de
notre ère: La Doctrine du Choc de Naomie Klein. (à lire absolument).
Maintenant c'est le tour à la Grèce. La diffamation a fait son travail. Les
citoyens dans les autres pays euro ne protestent guère, tout au plus contre la
perte possible de leur argent, que des Caisses de Retraite y ont investi. Mais
s'il réfléchissaient un peu plus, ils comprendraient qu'un jour, peut-être déjà
demain, eux aussi pourront être
manoeuvrés dans des dettes, par les fonds de secours. Cela pourra arriver en un
éclair, introduit par un titre dans la presse comme "Crédit Agricole risque la
faillite".
Cercle vicieux
Entre-temps, dans la panique créée les Parlements acceptent les mesures
d'urgence, qu'ils n'avaient pas mEme envisagées survenir la veille. Maintenant l'argent
des fonds de secours doit également servir à sauver les banques. Nous avons donc
créé un cercle vicieux: les banques causent les problèmes, elles peuvent
profiter directement et indirectement des prêts accordés par les mesures
d'urgence, et maintenant elles peuvent prêter encore plus témérairement, car les pertes
éventuelles seront payés par les citoyens euro!
À bas la prise de décisions unanime.
Retour à notre MES. Ce traité peut fonctionner ou devient
caduque selon que les 17 Ministres des Finances soient unanimes ou non. La
Commission Européenne et la BCE font confiance à leur influence pour mettre les
17 nez dans le même sens.
A dire
vrai, tous les 17, ce n'est pas nécessaire. Une décision est également valide quand les ministres
ne sont pas tous présents. Chaque ministre représente un nombre de votes, relaté
au capital souscrit par son pays. (Voir annexe en dessous de cet article.)
Lorsque les 2/3 des ministres représant les 2/3 du nombre
total des votes sont
présents, ils peuvent voter validement. Et ne pas voter n'empêche pas une
décision unanime. Tant que personne ne vote contre.
En théorie, un ministre têtu d'un petit pays pourrait donc gâcher la fête.
Soi dit en
passant, qu'il devra disposer d'un grand courage. Barroso ne veut plus
de cela. Il veut que tous les traités européens soient modifiés et que les
décisions n'aient plus besoin d'être prises à l'unanimité. Pour le MES, par
exemple, cela voudrait dire que si l'Allemagne, la France, l'Italie et les
Pays-Bas sont d'accord, les 13 autres n'ont plus rien à dire. Vive la dictature
à Bruxelles! Vive l'Union Européenne!
Immunité
Nous sommes déjà habitués à ce que les administrateurs et représentants du peuple
n'aiment pas avoir à répondre de leurs paroles et de leurs actes. Mais chez le
MES, ils poussent le bouchon vraiment très loin. Les règles ont été établies de telle
sorte que tous ceux qui en font partie ou y travaillent pourront faire ou
laisser ce qu'ils voudront, sans qu'ils aient à en répondre devant aucum Parlement,
aucune Administration, ni aucun juge. Tout au plus un Ministre de Finances pourra
être remplacé par un autre, qui bénéficiera tout de suite des mêmes privilèges
exorbitants. Un voyou ne pourrait pas souhaiter un meilleur repaire.
Une dernière réflexion
L'Union Européenne a l'économie du marché libre comme principe déclaré.
Presque tout le monde a déjà compris, que la dérégulation des banques, la
privatisation des infrastructures et l'abolition des tâches du gouvernement
mènent à une société dure et harcelée par des crises. Ces principes sont dépassés.
Ses défenseurs ne pourront les imposer que par la violence. La Grèce ne sera pas
la dernière victime.
Annexe
Répartition des voix des Gouverneurs du MES, en rapport avec le capital
social souscrit.
|
ESM Member |
Number of shares |
Capital subscription (EUR) |
| Kingdom of Belgium |
243 397 |
24 339 700 000 |
| Federal Republic of Germany |
1 900 248 |
190 024 800 000 |
| Republic of Estonia |
13 020 |
1 302 000 000 |
| Ireland |
111 454 |
11 145 400 000 |
| Hellenic Republic |
197 169 |
19 716 900 000 |
| Kingdom of Spain |
833 259 |
83 325 900 000 |
| French Republic |
1 427 013 |
142 701 300 000 |
| Italian Republic |
1 253 959 |
125 395 900 000 |
| Republic of Cyprus |
13 734 |
1 373 400 000 |
| Grand Duchy of Luxembourg |
17 528 |
1 752 800 000 |
| Malta |
5 117 |
511 700 000 |
| Kingdom of the Netherlands |
400 190 |
40 019 000 000 |
| Republic of Austria |
194 838 |
19 483 800 000 |
| Portuguese Republic |
175 644 |
17 564 400 000 |
| Republic of Slovenia |
29 932 |
2 993 200 000 |
| Slovak Republic |
57 680 |
5 768 000 000 |
| Republic of Finland |
125 818 |
12 581 800 000 |
| Total |
7 000 000 |
700 000 000 000
|
Sources et références
[1] Barroso, le 28 september 2011
http://euobserver.com/19/113760
[2] Officiellement la Banque Centrale Européenne n'est
pas un organe de l'Union Européenne. * La BCE est la propriété des
banques centrales dans la zone euro. Celles-ci, à leur tour, sont indépendantes
des gouvernements nationaux dans ce sens qu'elles n'en prennent pas d'ordres.
Elles sont souvent dirigées par des Conseils de personnes privées et dans tous
les cas inépendantes du gouvernement. L'euro n'appartient
donc pas à l'Union Européenne, ni aux gouvernements nationaux, mais à un cartel
de banquiers indépendants des gouvernements à Frankfurt, la ville des Rothschild. L'Union Européenne ne
peut pas donner des ordres à la BCE, mais inversement la BCE a du pouvoir à
l'intérieur de l'UE. Elle dirige le Système Européen des Banques Centrales, qui
lui est bien un organe de l'UE. La BCE, ensemble avec les banques centrales de
la zone euro, sont les membres de cet organe. Jusqu'où doit on aller dans la
complexité pour donner le pouvoir d'un organe officielle à des entreprises
privées?
(Une erreur dans cette note a été corrigée le 31 octobre
2011)
*
http://www.europarl.europa.eu/parliament/expert/displayFtu.do?id=73&ftuId=FTU_5.2.html&language=en
[3] Vrijspreker le 22 juillet 2011 *
Traduction: Le gouvernement néerlandais et la Commission Européenne se
contredisent sur le volume du paquet d'aide pour la Grèce. Selon le Ministère
des Finances il s'agit d'un montant de 109 nilliards d'euros, dont 50 milliards
viennent des banques et d'autres institutions financières. Selon la Commission
Européenne les gouvernements payent 109 milliards et il s'y rajoutent 50
milliards des institutions privées. La Banque Centrale Néerlandaise ne sait pas:
"Nous aussi nous sommes curieux de savoir ce qui en est", dit une porte parole
de la DNB. La Banque Centrale Européenne réfère à la Commission Européenne.
*
http://www.vrijspreker.nl/wp/2011/07/eu-euro-reddingsactie-geklungel/
[4] Dans les
études scientifiques sur le “optimum currency areas”
(régions optimales pour une monnaie) nous pouvons distinguer
des études centrées sur les conditions nécessaires et celles
d’après 1970 (lorsque les politiciens avaient décidés qu’ils
voulaient une monnaie unique), qui sont davantage centrées
sur les coûts et bénéfices.
Roman Horvath and Lubos Komarek dans
“OPTIMUM CURRENCY AREA THEORY: AN APPROACH FOR THINKING
ABOUT MONETARY INTEGRATION” (2002)
(Traduction
Française, voir en dessous.)
“It is possible to distinguish two major
streams of the optimum currency area literature. The first
stream tries to find the crucial economic characteristics to
determine where the (illusionary) borders for exchange rates
should be drawn (1960s-1970s). The second stream (1970s-till
now) assumes that any single country fulfills completely the
requirements to make it an optimal member of a monetary
union. As a result, the second approach does not continue in
the search for characteristics, identified as important for
choosing the participants in an optimum currency area. This
literature focuses on studying the costs and the benefits to
a country intending to participate in a currency area.”
“Il est possible
de distinguer deux courants majeurs dans la littérature sur
les régions optimales pour une monnaie. Le premier courant
tente de trouver les caractéristiques clefs pour déterminer
où les frontières (imaginaires) pour des taux de change
devraient être établies (années 60 et 70). Le deuxième
courant (de 1970 jus qu’aujourd’hui) suppose que n’importe
quel pays individuel répond entièrement aux exigences pour
en faire un membre optimal d’une union monétaire. Par
conséquent, la deuxième approche ne continue pas à
rechercher les caractéristiques, qui ont été identifiées
comme importantes pour choisir les participants dans une
région monétaire optimale. Cette littérature-ci est centrée
sur l’étude des coûts et bénéfices pour un pays qui a
l’intention de participer dans une région [union]
monétaire.”
http://wrap.warwick.ac.uk/1539/1/WRAP_Horvath_twerp647.pdf
, page 7.
Friedman décrit les avantages de cours de
change flexibles comme suit : « Comme on le constate
habituellement, les prix et les salaires dans un pays sont
relativement rigides et [ces] facteurs sont immobiles entre
pays. Par conséquence, lors d’une demande négative ou d’un
choc dans l’approvisionnement, le seul instrument pour
éviter une plus grande inflation ou du chômage est un
changement dans le taux de change flexible (ce qui veut dire
réévaluer ou dévaluer la monnaie). Cela ramènera l’économie
vers l’équilibre interne et externe initial. (...) Sous le
régime de taux de change fixes, il y aurait toujours
l’impact déplaisant du chômage ou de l’inflation. »
http://wrap.warwick.ac.uk/1539/1/WRAP_Horvath_twerp647.pdf
, page 8.
[5] Yrd. Doç.
Dr. Hüseyin Mualla YÜCEOL, Mersin Üniversitesi İktisadi ve
İdari Bilimler Fakültesi, Maliye Bölümü, dans “WHY THE
EUROPEAN UNION IS NOT AN OPTIMAL CURRENCY AREA: THE LIMITS
OF INTEGRATION” (« POURQUOI
L’UNION EUROPÉENNE N’EST PAS UNE REGION DE MONNAIE
OPTIMALE : LES LIMITES D’UNE INTÉGRATION »)
« L’Europe n’est
pas une région de monnaie optimale. Néanmoins, le 1er
janvier 1999 onze pays de l’UE ont démarré une Union
Monétaire Européenne en adoptant une monnaie partagée,
l’euro, tandis que l’UE ne répond pas à tous le critères
pour une région monétaire optimale. Aussi, joindre l’UE
n’est pas la même chose que joindre l’euro, aussi bien pour
les anciens et les nouveaux membres. »
http://eab.ege.edu.tr/pdf/6_2/C6-S2-M6.pdf , page 66
[6] Paul de
Grauwe, parties d’un speech:
(Traduction
Française, voir en dessous.)
“With up to
twenty-seven members instead of the present twelve, the
challenge for ensuring a smooth functioning of the enlarged
Eurozone will be daunting. The reason is that in such a
large group the probability of what economists call
‘asymmetric shocks’ will increase significantly. This means
that some countries may experience a boom and inflationary
pressures while others experience deflationary forces. If
too many asymmetric shocks occur, the ECB will be paralyzed,
not knowing whether to increase or to reduce the interest
rates. As a result, member countries will often feel
frustrated with the ECB policies that do not (and cannot)
take into account the different economic conditions of the
individual member countries. This leads us to the question
whether the enlarged EMU will, in fact, be an optimal
currency area.” (...)
“If a country
is hit by negative shocks brought about by agglomeration
effects, the wage cuts necessary to deal with these shocks
will inevitably be very large. To give an example: If Ford
Motor were to close down a plant in Belgium and to invest in
Poland instead, the wage cut of Belgian workers that would
convince Ford Motor not to make this move would have to be
50% or more given that the wage not feasible, then
flexibility dictates that the Belgian workers be willing to
move.”
« Avec vingt-sept
membres au lieu des douze d’aujourd’hui, le défi pour
s’assurer d’un fonctionnement fluide de la zone euro élargie
sera terrible. La raison en est que dans un groupe si large
la probabilité de ce que les économistes appellent des
‘chocs asymétriques’ augmente de façon significative. Cela
veut dire, que certains pays peuvent avoir une hausse et une
pression inflationniste, tandis que d’autres ont des forces
déflationnistes. Si trop de chocs asymétriques surviennent,
la Banque Centrale Européenne sera paralysée, ne sachant pas
si elle doit augmenter ou réduire les taux d’intérêt. Par
conséquence les pays membres se sentiront souvent frustrés
par la politique de la banque Centrale Européenne, qui ne
tient pas compte (et ne peut pas tenir compte) des
conditions économiques différentes dans les pays membres
individuels. Cela nous mène à la question si l’Union
Monétaire Européenne élargie sera une région de monnaie
optimale. » (...)
« Si un pays est
touché par des chocs négatifs causés par des effets
d’accumulation, les baisses de salaires nécessaires pour
gérer ces chocs seront inévitablement très importantes. Si
Ford Motors fermerait une usine en Belgique et, à la place,
investit en Pologne, les baisses de salaires des
travailleurs Belges devraient être de 50% ou plus pour
convaincre Ford Motors de ne pas déménager. Et vu que de
tels salaires ne sont pas faisables, la flexibilité dicte
que les travailleurs Belges accepteraient de déménager. »
http://mostlyeconomics.wordpress.com/2010/06/21/were-europes-curent-problems-never-imagined/
[7] Ce sont les exigences du "Pacte de Stabilité et
de Croissance".
[8] Nikolaos Salavrakos, Membre du Parlement Européen
dans "Is there a way out?"
http://www.efdgroup.eu/news/99-the-greek-fiscal-crisis-is-there-a-way-out.html
[9] Statistiques de l'OCDE
http://www.oecd.org/document/47/0,3746,fr_2649_34747_39374006_1_1_1_1,00.html
[10] Article 122.2 du Traité sur le Fonctionnement de l'Union Européenne:
http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:C:2010:083:0047:0200:fr:PDF
"Lorsqu'un État membre connaît des difficultés ou une
menace sérieuse de graves difficultés, en
raison de catastrophes naturelles ou d'événements exceptionnels échappant à son
contrôle, le Conseil,
sur proposition de la Commission, peut accorder, sous certaines conditions, une
assistance financière
de l'Union à l'État membre concerné. (...)"
[11] Résolution du Parlement Européen du 23 mars 2011
sur le projet de décision du Conseil Européen modifiant l'article 136 du traité
sur le Fonctionnement de l'Union Européenne
http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+TA+P7-TA-2011-0103+0+DOC+XML+V0//FR
[12] art 48.6 Treaty of the European Union
eur-lex.europa.eu
Update 6 February 2012
As was the case for the first version of the ESM-treaty of
11 July 2011, the press has apparently decided that the public should not be
informed about the new version of this treaty signed 2
February 2012.
Treaty on the Establishment of the European Stability
Mechanism (ESM)
http://www.european-council.europa.eu/eurozone-governance/esm-treaty-signature
A big difference with the first version is that the
signatories oblige themselves to pay, but in order to get a loan when they ask
for it,
they must also sign another treaty, that is not ready yet, the TREATY ON
STABILITY, COORDINATION AND GOVERNANCE IN THE ECONOMIC AND MONETARY UNION.
http://www.european-council.europa.eu/media/579087/treaty.pdf
This associated treaty will transfer many more powers to Brussels.
The ESM treaty must still be ratified by the national
parliaments before taking effect on 1 July 2012, if the countries representing
at least 90% of the shares have ratified it by then. As the press keeps silent
on this treaty, it will be difficult to have public debates on the usefulness
and consequences of the ESM, like the transfer of parliamentarian and
ministerial powers to the ESM.
french:
http://www.european-council.europa.eu/media/582863/06-tesm2.fr12.pdf (if
unavailable, here a copy)
short video:
http://www.youtube.com/watch?v=rFTbIGahzhU
spanish:
http://www.european-council.europa.eu/media/582869/01-tesm2.es12.pdf
(if
unavailable, here a copy)
short video:
http://www.youtube.com/watch?v=A9zrxk9N4e4
german:
http://www.european-council.europa.eu/media/582866/02-tesm2.de12.pdf (if
unavailable, here a copy)
Short video:
http://www.youtube.com/watch?v=d6JKlbbvcu0
estonian:
http://www.european-council.europa.eu/media/582876/03-tesm2.et12.pdf (if
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greek:
http://www.european-council.europa.eu/media/582879/04-tesm2.el12.pdf (if
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english:
http://www.european-council.europa.eu/media/582311/05-tesm2.en12.pdf (if
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short video:
http://www.youtube.com/watch?v=rxMOW94V6xQ
irish:
http://www.european-council.europa.eu/media/582886/07-tesm2.ga12.pdf (if
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italian:
http://www.european-council.europa.eu/media/582889/08-tesm2.it12.pdf (if
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short video:
http://www.youtube.com/watch?v=D0YM-2r8mcA
maltese:
http://www.european-council.europa.eu/media/582892/09-tesm2.mt12.pdf (if
unavailable, here a copy)
dutch:
http://www.european-council.europa.eu/media/582895/10-tesm2.nl12.pdf (if
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Short video:
http://www.youtube.com/watch?v=1GaH2MqXfxM
portuguese:
http://www.european-council.europa.eu/media/582898/11-tesm2.pt12.pdf (if
unavailable, here a copy)
Short video:
http://www.youtube.com/watch?v=EIHC34exwZ4
slovak:
http://www.european-council.europa.eu/media/582901/12-tesm2.sk12.pdf (if
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slovenian:
http://www.european-council.europa.eu/media/582908/13-tesm2.sl12.pdf (if
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finnish:
http://www.european-council.europa.eu/media/582911/14-tesm2.fi12.pdf (if
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swedish:
http://www.european-council.europa.eu/media/582914/15-tesm2.sv12.pdf (if
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Short video:
http://www.youtube.com/watch?v=myzgAHVBg_s
bulgarian, short video:
http://www.youtube.com/watch?v=0RbVSPIFsI8
russian, short video:
http://www.youtube.com/watch?v=G50-slShDKs
For comparison you can find a copy of the initial ESM treaty here:
xx_ESM-treaty_11_July_2011.pdf
Reproduction:
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web.
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L'auteur, Rudo de Ruijter, peut être contacté via
courtfool@orange.nl
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